Chronique d’une solitude partagée : pourquoi j’écris ce carnet

Alors que mes entraînements s’enchaînent à un rythme bien plus soutenu que les jours qui me séparent du printemps, je dois puiser au plus profond de moi-même avant chaque séance.

En courant tout à l’heure, mes pensées ont dérivé vers ces dernières années. Je me suis souvenu de mes fins de semaine : je retrouvais rituellement Éric, et parfois Marie nous rejoignait. Nous partagions une à deux heures de course. Je disais souvent, avec le sourire, que c’était mon « bonbon de la semaine », car le reste du temps, je m’entraînais seul.

Ces moments étaient précieux. Nous échangions sur mille sujets, liés à la course ou non. Parfois les débats faisaient rage, parfois je me contentais d’écouter, et cela m’enrichissait tout autant. Au-delà du plaisir, nous partagions avec Éric des séances structurées. Nos niveaux étant proches, chaque sortie devenait un défi stimulant où l’on se poussait mutuellement vers le haut.

Début de l’hiver 2022, quelques tours du jardin avec Éric.

À cette époque, les séances avec le club des Vikings complétaient mon emploi du temps. Là aussi, j’utilisais la force et l’énergie du groupe pour progresser.


Le tournant a eu lieu fin 2021, lorsque j’ai choisi de faire appel à un coach pour personnaliser ma préparation marathon. Mes objectifs exigeaient une rigueur peu compatible avec les séances collectives, et j’ai dû m’éloigner du club. Depuis 2023, Éric a pris un chemin différent, délaissant la course pour d’autres sports. C’est donc en solitaire que je poursuis ma route, avec patience, ténacité et régularité. En regardant en arrière, je réalise à quel point s’entraîner à plusieurs est une force incroyable.

J’aimerais vraiment trouver un ou des « sparring partners », mais ce n’est pas simple. Entre mes objectifs précis et mes horaires peu compatibles, je dois me rendre à l’évidence : cela n’arrivera probablement pas.
Alors, où puiser cette force ? Comment utiliser ce levier motivationnel quand l’envie diminue ? Quoi mettre en place pour combler ce manque ?

Ayant ressenti ce vide depuis plusieurs mois, j’ai saisi l’opportunité de reprendre le coaching du club des Vikings. Cela me permet d’accompagner à mon tour les membres de ce groupe qui m’a tant apporté à mon arrivée à Montréal.

Pour la suite, je planifie déjà plusieurs « week-ends choc » à partir de mai 2026. J’ai prévu de proposer à des amis de m’accompagner sur ces blocs intenses. Le samedi, je rejoins aussi parfois un groupe du club pour faire quelques kilomètres en écoutant les projets des autres. Enfin, il y a mon coach avec qui j’échange régulièrement. Et comme nous avons ajouté beaucoup de renforcement musculaire, je propose systématiquement à ma conjointe de s’entraîner avec moi ; cela fonctionne plutôt bien !

Bref, je m’entoure de belles personnes pour être moins seul dans ce sport individuel qui, finalement, est bien plus un sport d’équipe qu’on ne le croit.

Ce qui me manque aujourd’hui, c’est ce partenaire d’entraînement idéal, au même niveau et avec les mêmes objectifs. C’est presque mission impossible ! Alors, je n’ai pas trouvé mieux que de partager ici mon chemin, mes entraînements et mes états d’âme.
En faisant cela, mon meilleur partenaire devient moi-même. Je me motive, je prends du recul. Écrire My Daily Athlete Journey, c’est finalement écrire mon histoire à travers mon entraînement et mes aventures !

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