Alors que la météo semble enfin se mettre en mode printemps-été, il est temps, en ce 1er juin, de jeter un coup d’œil dans le rétro. Regardons Mai en face.
Le plan parfait… sur le papier
Sur le papier, le plan était millimétré. Ce mois devait sanctionner la fin de mon bloc d’entraînement hivernal, axé sur la vitesse à plat, saupoudré de D+ sur tapis et en extérieur quand le climat montréalais le permettait. Mai devait être la passerelle idéale vers ma saison de trail.
Pour préparer mon objectif principal de la mi-août (le Borealys By UTMB), j’avais positionné deux jalons stratégiques :
- Le 1er mai : Un 32 km (1700 m D+) pour travailler le volume et le terrain.
- le 30 mai : Un 20 km (950 m D+) plus roulant, pour ratisser large entre endurance, relances et capitaliser pour la suite.
La claque du Trail des Collines (32 km)

Force est de constater que ce mois de mai m’a frappé plutôt que motivé.
Dès le premier jalon, le Trail des Collines m’a mis une volée. Le parcours était exigeant, mais c’est surtout le mental qui a flanché : j’ai abordé la course dans de très mauvaises dispositions, subissant une crise d’anxiété monumentale.
Pourtant, physiquement, les voyants étaient au vert.
Je suis ressorti de cette expérience épuisé moralement.
(Je me livre d’ailleurs sans filtre sur ce moment dans ma vidéo récap : Regarder la vidéo ici 🎥)
Le piège de la déception et le « sevrage » de volume
Au lieu de la stimulation physique espérée pour enchaîner, j’ai dû gérer une phase de décroissance. Mes sensations étaient mauvaises, mon physique ne suivait pas mes attentes. Et qui dit déception, dit perte de contrôle. Je suis tombé dans un down psychologique qui m’empêchait de voir la lumière au bout du tunnel. Je ne voyais que la porte fermée devant moi.
En discutant avec mon coach, nous avons soulevé une hypothèse intéressante : mon corps, habitué depuis des mois à des semaines très exigeantes, a mal réagi à la baisse de charge (le fameux tapering). Quand on lui en donne moins, il proteste : sommeil perturbé, perception de fatigue accrue, jambes lourdes sans raison, et baisse de moral. Leçon du mois : je dois apprendre à rationaliser, reprendre le contrôle de mon corps et accepter le repos.
Dompter le 20 km et accepter ses faiblesses
Bon an, mal an, j’ai poursuivi mes entraînements en flirtant constamment avec la limite de la récupération. Sur les 4 semaines et demie du mois, je n’ai pas le sentiment d’avoir eu une seule semaine normale.
Le mois s’est clôturé sur le 20 km. Un profil moins « up & down », mais avec des pentes très sèches de 15-18 % sur les 2/3 premiers kilomètres, suivies de sections roulantes. Résultat : bouclé en 2h30. Je l’ai dompté, mais la course a mis en évidence un manque de force en marche rapide dans les fortes bosses. Mes mollets, peu habitués à cet angle spécifique, ont brûlé instantanément.
(Le débrief complet en images et les coulisses de la course arrivent la semaine prochaine dans mon prochain vlog, restez connectés en vous abonnant à ma chaîne 🎬🔗https://www.youtube.com/@Mydailyathletejourney )
Je reste tout de même satisfait de ces 2 courses que j’ai pu réaliser, certes un peu moins vite que je ne l’aurais voulu dans mes rêves, mais avec une résilience compte tenu des perturbateurs externes non prévus.
Le bilan comptable (Mai en chiffres)
Malgré les tempêtes internes et les perturbateurs externes, la résilience a payé. Certes, je suis allé un peu moins vite que dans mes rêves, mais je suis fier d’avoir bouclé ces deux dossards. Voici les chiffres bruts :
🏃 Volume & Intensités
- Volume Global : 32h40 d’engagement total
- Running : 283 km | 5 597 m D+
- Zone 2 (Endurance) : 24%
- Zones 4 & 5 (Intensité) : 33%
🧠 Santé & Récupération
- VFC (Variabilité Cardiaque) : Chute brutale sous la ligne de base en début de mois, signe d’un système nerveux saturé.
- État mental : Courbe stagnante entre 3 et 5/10 pendant la tempête.
Quand les données valident le ressenti
Ces deux graphiques illustrent la réalité biologique derrière mon ressenti : le mental n’était pas juste « mauvais », le corps était factuellement en mode alerte. La chute brutale sous la zone de confort (la bande grise) dès le 2 mai, met en évidence un système nerveux autonome saturé, qui coïncide pile avec la crise d’anxiété du premier dossard.
Le redressement de la courbe en toute fin de mois confirme la fin de la tempête et une reconnexion nécessaire entre les attentes de l’esprit et les capacités du corps.

(VFC) : On observe une chute brutale de la VFC dès la première semaine (autour du 2 mai), plongeant nettement sous la zone de confort habituelle (bande grise). Ce déficit de régulation cardiaque est la signature d’un système nerveux autonome sursollicité, qui coïncide précisément avec le pic d’anxiété ressenti lors du premier dossard. La lente remontée en dents de scie témoigne d’une récupération difficile et perturbée.
(État Mental) : La courbe psychologique suit une trajectoire miroir. Bloquée sous la barre des 5/10 pendant près de trois semaines, elle illustre la phase de down et de fatigue mentale consécutive à la déception et à la baisse de charge mal encaissée par le corps (tapering blues). Le rebond en toute fin de mois semble amorcer un retour à l’équilibre et la reprise de contrôle.

Prendre du recul : L’arrogance du chrono
En prenant ce pas de recul nécessaire, je regarde mes 5 premiers mois de l’année et je valide le chemin parcouru pour en arriver là aujourd’hui.
« Denis, rappelle-toi que se préparer pour de tels défis est un engagement à long terme. Ton cerveau veut tout, tout de suite.
Mais regarde les faits : cela fait plus de 15 ans que tu cours, et il t’a fallu 10 ans pour maîtriser le format marathon. C’est une forme d’arrogance de penser que l’on peut maîtriser le trail court, moyen ou long en seulement 12 mois !
Regarde tes chiffres, aime-les pour ce qu’ils te montrent. Sois-en fier et poursuis ton chemin.
C’est ce voyage qui te fait vibrer, pas seulement tes stats. »
Et vous ?
Comment s’est passé votre mois de mai ?
Comment gérez-vous les phases d’évolution plus compliquées ou la frustration face aux attentes ?
Dites-le-moi en commentaire, je suis curieux de vous lire et d’échanger !

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