La fin du début : en route vers 2030
Avancer en âge n’est pas une fatalité. C’est une opportunité. Depuis plus d’un an, une question m’anime : à quoi ressembleront mes prochains sommets ? Si la santé est une chance, le temps, lui, est un compte à rebours. J’arrive à un tournant majeur où ma vie professionnelle laissera bientôt place à une plus grande liberté.
Cette transition m’angoisse autant qu’elle m’excite. Pour l’appréhender, j’ai choisi de marquer la fin d’une étape par un geste symbolique fort. Ce projet n’est pas une retraite, c’est le passage à la vitesse supérieure.
Parce que ce n’est pas la fin, c’est juste la fin du début.
2030-60 |The End of the Beginning
En 2030, j’aurai 60 ans. Ce sera l’année du ralentissement professionnel, mais certainement pas physique. Je vois cet espace comme une liberté à mordre à pleine dent (tant qu’il m’en reste quelques-unes !).
Je ne cherche pas un simple défi sportif, mais une signature de vie. Parce que je pense qu’avec une approche lucide et une planification intelligente, la compétitivité n’a pas d’âge et qu’elle est saine, source de motivation et d’accomplissement.
Dans un monde de vidéos instantanées de 5 secondes, je revendique le temps long, la stratégie et l’expérience. Oui, je suis un « Boomer » et je l’assume.
L’UTMB : Pourquoi pas ?
J’ai choisi d’affronter l’UTMB. 170 km, 10 000m de D+
Je suis et je resterai un « Amat’élite ». Un amateur qui rêve en grand, un passionné qui s’entraîne avec la rigueur d’un pro. Je n’irai pas à Chamonix juste pour participer, j’irai pour performer. Comptez sur moi pour ne pas m’économiser.

Comment relever ce défi ?
Ma méthode ne repose pas sur un coup d’éclat, mais sur des années de régularité. J’ai passé ma vie à repousser mes limites, à évoluer pour faire mieux, différemment. Après avoir optimisé mes chronos sur route et allongé les distances, il est temps de basculer.
Aujourd’hui, je ne cherche plus seulement la vitesse, mais la densité de l’expérience. Je veux transformer l’effort en une aventure humaine à partager avec mes proches, mes amis et vous qui me lisez.
Mais attention : si la performance pure n’est plus mon seul moteur, l’instinct de compétition reste intact. Je suis convaincu que l’ultra-endurance est l’un des rares terrains où l’âge et le sexe s’effacent devant la volonté. On peut être un amateur et s’entraîner avec la précision d’un athlète de haut niveau.
« Pour durer, il faut évoluer.»
Trois piliers pour 2030
La patience
Je refuse la course au résultat immédiat. Chaque dossard est une étape tactique, choisie uniquement parce qu’elle sert la vision 2030.
Je construis mon endurance comme on bâtit une cathédrale : avec précision et sérénité.
Lucidité & ambition
S’entraîner dur est une chose, s’entraîner intelligemment en est une autre. J’utilise la donnée et l’analyse pour rester compétitif et repousser l’usure physique.
C’est l’alliance de l’expérience et de la technologie pour durer sans se brûler.
Plaisir partagé
Le chemin compte autant que la ligne d’arrivée. Chaque kilomètre doit être porté par une émotion réelle et le plaisir du partage. Si l’aventure ne génère plus de sourire, elle perd son sens.
Mon moteur, c’est l’étincelle dans mes yeux et dans le regard de ceux qui m’accompagnent.
« Je ne cours pas contre le temps. Je joue avec lui. »